In memoriam Odile córdoba
Odile et son mari, au musée MIM de Málaga
Nous avons la douleur de vous annoncer la mort d’Odile, une jeune femme bilingue, très illustrée, et très courageuse, qui a souffert d’un cancer durant des années sans que, jamais, son sourire ne s’efface de son visage. Elle nous a quitté au mois de janvier de cette année 2005. Repose en paix, Odile ; nous ne t’oublierons pas !
Je pleure,
pourtant personne ne me voit
même pas moi.
« À la claire fontaine… »
chantent
mes petits ruisseleaux,
puis ils dorment.
Qu’est-ce qu’une larme ?
Une goutte,
une blessure bleue,
grise tantôt…
Je boude,
et je rigole à perdre haleine,
puis je m’endors…
Automne 1984
De ma fenêtre, je vois le balcon d’Odile,
je ne vois pas les larmes d’antan perdues dans le temps.
Je vois des roses qui sourient au soleil de l’automne.
Je vois d’autres larmes qui coulent aujourd’hui
pour assouvir la soif de la vie qui les avale ravie,
qui fait jaillir du tréfonds des émotions,
cette tendresse qui éloigne la sécheresse,
ce sourire que j’admire sur ton balcon,
ce doux nectar
que butine l’espoir.
Mariette
Automne 2004
La folie du temps
Ramassons le vent
qui fait tomber les feuilles.
Il se vante.
Cueillez ces bouquets d’eau.
Ils embaument l’air.
Goûtez un peu de ciel !
Il est beau.
Des mains éparpillées par terre :
hélas ! celles des arbres.
Je piétine,
j’écrase.
Des lacets pendent sur la mer.
Ils boivent du sel.
On ramasse un peu ?
La folie du temps est arrivée.
Odile Córdoba